Cadre de redevabilité
Découvrez comment les engagements sont identifiés et suivis
Cadre de redevabilité
Découvrez comment les engagements sont identifiés et suivis
Identifier les engagements
Qu’est-ce qu’un engagement ?
Pour FFP Accountability, un engagement est défini comme une intention formulée politiquement par un gouvernement ou une institution multilatérale lors d’une Conférence ministérielle internationale sur la politique étrangère féministe. Ceux-ci sont identifiés et interprétés par l’équipe du Collectif pour une politique étrangère féministe (le Collectif; Feminist Foreign Policy Collaborative) à partir des archives et notes officielles de la conférence, des déclarations publiques, des transcriptions et des enregistrements, lorsqu’ils sont disponibles. Ils sont validés au moyen de suivis directs auprès des gouvernements ou des institutions multilatérales.
documenter les engagements
Des archives officielles de la conférence à des engagements clairs
FFP Accountability utilise une méthodologie structurée, fondée sur des sources, pour transformer des déclarations politiques en un ensemble de données de redevabilité cohérent et comparable. Cette page explique le fonctionnement de ce processus, de l’identification des engagements lors de la conférence à la production du rapport final du cycle.
Pour être considérée comme un engagement, une déclaration doit être documentable selon six éléments :
- Entité responsable (par exemple, gouvernement, ministère, institution multilatérale)
- Orientation thématique (par exemple, santé, violence basée sur le genre, justice climatique)
- Nature de l’engagement (par exemple, nouveau, continuation ou expansion)
- Objectif/changement visé
- Chronologie (explicite ou implicite)
- Portée géographique (par exemple, nationale, régionale, mondiale, multilatérale)
Cadre d’indicateurs
Cinq domaines, un cadre commun
Les indicateurs sont organisés en cinq domaines afin d’assurer la comparabilité entre des approches diverses de la politique étrangère féministe. Pour chaque engagement, des indicateurs pertinents sont sélectionnés dans un menu prédéfini en fonction de ce qui a été déclaré, de ce qui peut raisonnablement être mesuré et des données que les gouvernements sont en mesure de fournir. Ces indicateurs sont des outils d’analyse, et non des exigences de conformité imposées aux États.
1. Engagement de la société civile
Examine dans quelle mesure les organisations féministes de la société civile sont associées de manière significative à la conception, à la mise en œuvre et/ou au suivi des engagements.
Pourquoi est-ce important ?
L’engagement de la société civile est considéré comme un signal central de redevabilité, reflétant les fondements participatifs et fondés sur les droits de la politique étrangère féministe. Il porte sur l’existence et la qualité des mécanismes de consultation, des partenariats et des boucles de rétroaction entre les gouvernements et les acteurs de la société civile.
Exemples :
- Fréquence des échanges formels avec les organisations de défense des droits des femmes et les organisations féministes de la société civile (OSC)
- Nomination d’OSC au sein d’organes consultatifs ou de suivi
- Mise en place de mécanismes significatifs de retour d’information des OSC
2. Financement et ressources
Évalue si les engagements sont soutenus par des ressources financières et humaines suffisantes, prévisibles et transparentes, y compris un appui aux organisations de défense des droits des femmes.
Pourquoi est-ce important ?
Le suivi des ressources est essentiel pour évaluer le sérieux de l’intention, car des engagements sous-financés ont peu de chances d’aboutir à un changement significatif. Ce domaine couvre à la fois les allocations financières explicites et les mécanismes structurels de financement.
Exemples :
- Soutien financier alloué aux organisations de défense des droits des femmes (déclaration par fourchettes lorsque des chiffres précis ne sont pas disponibles)
- Annonce de lignes de financement dédiées et d’affectations de personnel
- Extension des efforts de budgétisation sensible au genre dans les ministères ou les agences multilatérales
3. Représentation et leadership
Mesure les engagements visant à accroître la participation et le leadership des femmes dans les espaces de prise de décision diplomatiques, de politique étrangère et multilatéraux .
Pourquoi est-ce important ?
Les indicateurs de représentation et de leadership permettent de distinguer le soutien symbolique à l’égalité des genres des efforts qui déplacent le pouvoir et l’autorité au sein des institutions, à la fois numériquement et structurellement, grâce à des mécanismes habilitants, tels que le mentorat, des parcours de promotion ou des politiques d’action positive.
Exemples :
- Engagement à augmenter le pourcentage de femmes dans les postes diplomatiques de haut niveau
- Annonce de programmes de mentorat ou de leadership
- Mise en œuvre d’une stratégie de parité de genre
- Intégration d’organisations féministes de la société civile dans des délégations auprès de forums multilatéraux clés
4. Politique et institutionnalisation
Évalue si les engagements sont intégrés dans des instruments de politique publique formels, des mandats institutionnels ou des cadres stratégiques.
Pourquoi est-ce important ?
Évaluer si l’intention politique s’est traduite par des structures durables, telles que des plans d’action nationaux, des lignes directrices ministérielles ou des mécanismes de coordination interdépartementale, indique la probabilité que les engagements perdurent au-delà des cycles politiques individuels ou des changements de leadership.
Exemples :
- Adoption ou prolongation d'un Plan national d'action (PAN) Femmes, paix et sécurité (FPS) (Oui/Non ; année)
- Introduction de lignes directrices de politique étrangère féministe ou sensibles au genre
- Annonce de mécanismes formels de coordination au sein des ministères
5. Multilatéralisme et engagement
Suit les engagements mis en œuvre par l’action collective, la constitution de coalitions et le leadership dans les forums internationaux.
Pourquoi est-ce important ?
L’évaluation de l’engagement multilatéral met en évidence la manière dont les engagements individuels contribuent à un changement systémique et au renforcement des approches féministes au sein de la gouvernance mondiale. Cela inclut la participation à des initiatives multilatérales, des rôles d’accueil ou de convocation, ainsi que des contributions à des normes, déclarations ou cadres communs.
Exemples :
- Participation à des coalitions de politique étrangère féministe ou leadership au sein de celles-ci
- Engagement à accueillir ou à convoquer des réunions/conférences clés
- Élaboration d’accords multilatéraux, de déclarations politiques, de déclarations de la présidence, etc.

Mesurer les progrès
Comprendre le processus de redevabilité
Les progrès relatifs à chaque engagement sont recueillis au moyen de points de suivi structurés sous la forme de questionnaires standardisés envoyés aux gouvernements et aux institutions. Ces points de suivi servent trois objectifs :
- Valider la manière dont un engagement a été interprété,
- Recueillir des données précoces de mise en œuvre,
- Identifier d’éventuelles contraintes, retards ou ajustements.
Les points de suivi sont coordonnés conjointement, avec l’aide de personnes de contact désignées au sein des gouvernements/institutions multilatérales lorsque cela est possible. Les indicateurs quantitatifs et les informations qualitatives issus de ces points de suivi sont ensuite intégrés aux rapports périodiques.
Rapports
Des données à des rapports transparents
Deux rapports sont produits au cours de chaque cycle de redevabilité :
- Le rapport intermédiaire se concentre sur les signaux précoces de mise en œuvre, les changements dans la clarté des engagements et les premiers facteurs facilitateurs ou contraintes.
- Le rapport final fait le point sur les progrès réalisés dans tous les domaines, met en avant des pratiques exemplaires et met en lumière les lacunes systémiques — telles que les contraintes en matière de ressources ou les difficultés de coordination — qui entravent la mise en œuvre.
Toutes les conclusions sont présentées comme des progrès auto-déclarés, analysés au prisme d’une méthodologie transparente. Le cadre reconnaît la variabilité de la clarté des engagements, la disponibilité inégale des données et l’absence de vérification indépendante.

